programme 2019

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Puissances de l’habiter.
Matériaux pour des écoles de la Terre

Rencontres sur la Ferme de Lachaud du 19 au 23 août 2019

Le programme est disponible en PDF imprimable en A4 (programme_A4-2019) et A3 (programme_A3-2019).

Il est possible de s’inscrire pour cette semaine en signalant votre venue en écrivant à : ecoledelaterre@riseup.net ou par ce lien facebook : https://www.facebook.com/events/2323583287889906/

Nous accueillerons sur la ferme, à partir du 13 août, les personnes qui souhaiteraient participer à des petits chantiers collectifs ainsi qu’au montage des rencontres. Afin que nous nous préparions à votre venue, merci de nous communiquer votre date d’arrivée en nous écrivant à l’adresse : ecoledelaterre@riseup.net

Retrouver le programme des concerts à la fin du programme des conférences.

Lundi 19 août

15h00 Accueil des participants

Réunion plénière de lancement.

Les rencontres commence le 19 août à 15h00 par une assemblée de lancement. Il est important de participer à cette première réunion, car celle-ci doit non seulement nous permettre de passer en revue l’ensemble des points pratiques concernant l’usage des lieux pendant la semaine, mais elle doit également permettre un premier échange sur les enjeux des rencontres. À cette occasion seront présentés les conférences et ateliers que nous avons programmés, cela constituera aussi le moment pour l’ensemble des participants de proposer des interventions qui ne sont pas au programme.

Dîner à 20h00

21h30 – film
Projection du film Donna Haraway : Story Telling for Earthly Survival en présence de Fabrizio Terranova.

Donna Haraway, philosophe, primatologue et féministe, a bousculé les sciences sociales et la philosophie contemporaine en tissant des liens sinueux entre la théorie et la fiction. Le choix filmique de Fabrizio Terranova, pseudo-réaliste mais discrètement fictionnel, correspond très précisément au mode de présence qui fait de ce portrait un modèle d’intégrité.

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Mardi 20 août

Accueil petit déjeuner à 9h00

10h00 – plénière
Jean-Christophe Bailly

L’habitation désemparée, une approche du déficit des modes d’habiter.

Concernant les formes de l’habiter, deux grands axes de discours s’opposent : celui de la sédentarité et des racines, lié à la terre et associé à des formes sociales fermées, et celui d’une fluidité généralisée, lié quant à lui aux formes exacerbées du capitalisme récent. Ce serait le terroir contre le marché. Mais ni la crispation d’héritage de l’un ni la rage de dilapidation de l’autre ne permettent de se figurer ce qu’habiter pourrait être. Habiter c’est d’abord cohabiter, mais à l’heure de l’urbanisation généralisée et de la mise en coupe réglée de la planète par le Capital, à l’heure aussi d’un déferlement démographique sans précédent, comment repenser les modes de l’habitation de la Terre ? Une utopie se cherche, qui se disperse entre des luttes franches et de petits bonheurs, mais quel que soit le chemin, il a tout à gagner en se souvenant de voies abandonnées qu’il faudrait rouvrir.

Déjeuner à 12h30

14h00 – ateliers
Christophe Bonneuil 

Les devenirs terrestres du monde.

Animé par des membres du collectif de rédaction de Terrestres.org, l’atelier s’interrogera sur ce que peut recouvrir le projet de (re)-devenir terrestres, diversement formulé par plusieurs auteur.e.s (« atterrir », se « reconnecter », « worlding », ou « (re)terrestrialisation », « devenir Terrien ») et militants (luttes territoriales au Sud et au Nord, « être forêt », etc). Si le dérèglement de la planète réfute par la géologie les promesses de la modernité industrielle, se pose la question de quoi hériter et quoi abandonner de la modernité. On creusera notamment les pistes suivantes : ne pas être global, assumer et soigner nos lieux ; ne pas gouverner la Terre et plus profondément abandonner le rapport gouvernemental aux êtres et aux choses ; dépasser l’extractivisme et plus profondément ne plus capturer les temps passés et futurs.

Erik Bordeleau

Aux limites de l’Empire : Peter Sloterdijk et les mouvements ascensionnels.

La pensée de Sloterdijk s’intéresse aux énigmes métaphysiques de l’anima mundi et autres modes d’enchantement anti-gravitationnels. La théorie des sphères qu’il propose se développe sous le signe de l’écume féconde, c’est-à-dire de la déesse Aphrodite. S’élève ainsi l’image d’une Terre composée d’une multitude irréductible « d’extases locales » qui appellent à de nouvelles puissances de l’habiter, à une nouvelle géophilosophie. Cette vision répond à une exigence figurative et conceptuelle unique : « Sans un concept explicite du mouvement ascensionnel, écrit-il, l’activité aphrogène originelle de l’être humain n’est pas exprimable. » Bravant la mégalomanie et la courte vue dont il a pu faire preuve dans la sphère publique, je me propose de rencontrer Sloterdijk « aux limites de l’Empire », c’est-à-dire en remontant la piste de son écologie de l’être dans un esprit de critique immanente qui s’attache à son geste clinique et prophétique.

Revue de(s)générations avec Jean-Christophe Bailly 

Qu’est-ce qu’un « nous » qui ne nous entoure pas ?

Nous proposerons un atelier dans la continuité de la prise de parole de Jean-Christophe Bailly sur l’ « habiter » tout en intégrant des réflexions de son travail comme le « nous extensible » (animaux, végétaux, minéraux, paysages …) et l’hypothèse d’un commun-isme, en revenant notamment sur le livre La comparution, paru en 1991 et co-écrit avec Jean-Luc Nancy. Ce livre ébauchait une réflexion sur la réouverture de la pensée d’un commun après l’échec du communisme dit réel. Cet atelier permettra de réfléchir aux moyens de « résister » aux flux et à l’hégémonie du marché tout en ne s’enfermant pas dans un enclos. Il ne faudrait pas que la communauté soit un repli qui abandonnerait le lien à la question sociale donc politique. Qu’est-ce qu’une communauté librement fermée ?

 

Anaïs de Haas

Emmenez-moi au bout de la Terre.

Depuis au moins cinq siècles, des hommes font le tour du monde – ou rêvent de le faire ou de s’extraire de la planète Terre – avec l’idée que cette circonvolution est utile à l’augmentation des connaissances générales ou à leur quête personnelle. On pourra analyser cette attirance pour l’ailleurs à partir d’extraits de récits de marins des « voyages de découverte » du XVIIIe siècle, et se demander : qu’est-ce qui stimule la volonté de « découvrir » dans la cosmologie occidentale ? qu’est-ce ce qui fait qu’on habite ou non un voyage ? quels rôles ont les femmes quand les hommes voyagent ? comment se combinent encore en nous certaines pulsions universalistes et d’irrépressibles nostalgies des arrière-pays, des chemins qu’on n’a pas pris ?

 

Dîner à 20h00

21h30 – film
Projection du film Un hiver en pays Évène en présence de Nastassja Martin.

Daria est la chef d’un clan Évène, peuple d’éleveurs de rennes qui pendant des siècles nomadisèrent à travers toute la Sibérie. À la chute de l’Union soviétique, Daria a fait un choix extraordinaire. Elle et sa famille ont abandonné les villages et sont partis vivre en forêt. Depuis cinq ans l’anthropologue Nastassja Martin, a partagé leur quotidien.

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Mercredi 21 août

Accueil petit déjeuner à 9h00

10h00 – plénière
Émilie Hache

Nous habitons un monde qui est le souffle et les ossements de nos ancêtrEs.

Le changement radical de monde engagé par la mutation écologique en cours semble ouvrir un questionnement aux dimensions mythologiques, au sens où ce dernier nous ramène aux commencements, moins par nostalgie d’un temps passé idéalisé que par un besoin collectif de transformation et de recréation. Au changement radical exigé par l’état du monde répond une ré-interrogation radicale de la modernité. Cette dernière passe notamment par la ré-ouverture des mythes sur lesquels repose notre monde moderne, qui sont autant de variations autour de l’exceptionnalisme humain, tout autant que par l’élaboration collective de nouveaux mythes pour les terrestres.

Déjeuner à 12h30

14h00 – ateliers

David gé Bartoli et Sophie Gosselin

Habiter les temps : mémoire des luttes et mémoire des vies.

Face à l’extinction massive des espèces animales et végétales, mais aussi face à l’extermination ou à la disparition des cultures des peuples minoritaires, en appeler à la mémoire c’est rendre justice de tous ces êtres disparus ou anéantis par le capitalisme anthropotechnique qui ont su habiter les espaces et les temps en laissant vivre une multiplicité de mondes. Contre l’occupation de l’espace par l’économie, il s’agit d’affirmer notre capacité à habiter la multiplicité des temps de la Terre en prêtant soin à tous les attachements aux existants passés et présents, à tous les oubliés, humains et non humains, qui trament la texture du monde. Pour repenser notre habitation du monde à partir d’une prise en considération de la dimension temporelle, nous nous appuierons sur les films documentaires réalisés par Patricio Guzman pour rendre justice aux disparus suite au coup d’État contre Allende au Chili.

 

Marielle Macé

Ce qui découle des noues en effet déborde.

Dans ma région abîmée (en bout de Loire), un nom en abondance mais l’oubli d’une pratique paysanne : les « noues ». Les noues sont de petites zones humides, abris végétaux et lignes d’infiltration des pluies, qui témoignent d’un savoir-faire et d’un savoir-vivre avec l’eau, délaissé dans les terres d’agriculture intensive, mais avec lequel on renoue aujourd’hui, matériellement, politiquement. Noues, ce mot est une chance, la chance d’en entendre d’autres, auxquels vous pensez déjà. Ce qui découle des noues en effet déborde (on en trouve d’ailleurs plusieurs sur la ZAD). Je suivrai ces lignes, pistes d’eaux et mot de la charpente. En allant parfois du côté des villes (de Bruxelles et de ses « jardins d’orage », de Genève et de l’Aire qui va jusqu’à la Jonction). Pour voyager surtout dans le nom « paysan », arriver jusqu’à ce plateau, apprendre de ce qui s’y assemble.

 

Jacques Bonnaffé

L’escargot ne recule jamais. Poésie parlée-marchée.

Un d’atelier d’écriture de poésies ? J’en serais à peu près incapable, non…. Un atelier autour des poèmes, dans l’effleurement de la lecture à voix haute. Parole en mouvement, un atelier choral, suscité par la volonté discrète de ces modes d’écriture : se faire entendre. Un atelier d’écoute. L’idée convient mieux, produite par l’échange, l’audace de rencontre, et posée sur un choix de quelques textes parmi ceux brassés au cours de l’année à France Culture. Ou d’autres…

Échanges préparatoires possible par internet, soit par mon adresse courriel
soit en suivant, les jours de réseau sûr, cette page Facebook « Colporteurs » :
https://www.facebook.com/JBColporteur/
J’y placerai (dès à présent) quelques poèmes et des pistes, des éclaircissements…

 

Patrick Degeorges

La quatrième voie. L’émergence des cosmobiopolitiques à l’Anthropocène.

Comment habiter la Terre à venir, celle qui est en train de naître, « dans notre dos » ? Un examen critique du paradigme sous-jacent aux scénarios dits « globaux », qui prétendent aujourd’hui répondre à cette question, permettra de dégager une quatrième voie. Cette voie « cosmobiopolitique » revêt plusieurs formes. Elle est notamment mise en pratique par les Indiens kogis pour lesquels la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie abrite le « cœur du monde » et constitue, en tant que tel, la source d’une connaissance (shibuldama) dont la signification ne saurait se limiter au contexte local ou régional d’une « culture » ou d’une vision identitaire du monde, car elle porte sur la Terre entière (et en personne).

 

Alexandre Galand

Écouter dans les ruines du capitalisme.

Par le biais des microphones, l’enregistrement de terrain suscite une écoute renouvelée du monde, de ses habitants et de ses milieux de vie. En nous invitant à cette reconnaissance d’autres manières d’entrer en résonance avec le monde, d’autres cosmopolitiques, ces captations sonores sont de précieux guides dans l’attention nécessaire aux territoires qu’imposent les «crises» écologiques en cours. (Ré)apprendre à écouter dans les ruines du capitalisme est une forme d’usage du monde cruciale en temps de précarité.

 

Dîner à 20h00

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Jeudi 22 août

Accueil petit déjeuner à 9h00

Programme ouvert en matinée

 

Déjeuner à 12h30

14h00 – ateliers

Florence Brunois

Quand la forêt habite les hommes. Les Kasua de Nouvelle Guinée.

Comment habiter un monde déjà saturé des voix de la forêt ? Perspective inversée, pour comprendre comment la forêt et sa multitude d’habitants agissent, interagissent pour un habiter ensemble, loin de toute homogénéité. Quelle place y occupent les hommes ? Peut-être celle d’un « en chantant avec », en ajustant des gestes et corps et en créant une danse à cent, 1000 pas !

 

Florence Caeymaex

Habiter le trouble avec Donna Haraway : quelques propositions éthiques et politiques.

Staying with the trouble. Making Kin in the Chthulucene est le titre d’un livre de Donna Haraway. Écrit depuis les ravages naturels et culturels de notre monde, SWT n’est pas une réflexion nouvelle sur l’Anthropocène, mais une exploration de nos possibilités de pensée et de vie dans des mondes placés sous le signe de la destruction. La proposition est déroutante pour tous ceux qui sentent avant tout l’urgence d’une transformation radicale des modes de vie et la nécessité d’une conflictualité politique à la hauteur des enjeux. C’est ici qu’importe la proposition « habiter le trouble », comme êthos ou manière d’être, de vivre, d’agir, de penser. À quel genre de politique nous engage-t-elle ? Cet atelier sera l’occasion d’une incursion les ressources narratives et visuelles de SWT, et d’une conversation libre sur les liens entre éthique et politique à l’ère de l’Anthropocène.

 

Jean-Michel Durafour

Habiter la Terre à l’âge du nucléaire. Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale Lénine de Tchernobyl explose.

Plusieurs gestes artistiques s’intéressant au vivant et à la matière contaminés dans la -« zone d’exclusion », et par-delà, permettent d’interroger ce que cette catastrophe, impliquant des temporalités au-delà de l’expérience humaine, a changé dans notre regard, notre façon de faire des images et, plus généralement, notre manière d’habiter le monde. L’atelier – qui commencera par distinguer l’imagerie atomique (la bombe) de celle du nucléaire, comme « l’ex-orbutant » de « l’in-oculé » – se propose d’en tirer les leçons pour habiter la Terre à l’âge du nucléaire civil de masse par un « partage du sensible » nouveau et d’autres agencements politiques entre humains et non-humains, en rompant avec la logique de la « fin du monde » et le concept de « nature ».

 

Boyan Manchev

Persister. La liberté sauvage, ou le monde nu.

La thèse qui oppose la liberté, en tant que substance du sujet, à la nature, en tant que nécessité (le royaume du déterminisme), est sans doute ancrée dans les sciences modernes. Mais la vision qui soutenait cet arrière-plan « scientifique » est devenue aujourd’hui caduque. Parlons donc de liberté sauvage. La liberté sauvage n’est pas un état originaire perdu : il ne s’agit pas d’inverser axiologiquement le status naturalis hobbesien. La liberté sauvage est celle d’un monde nu (ou du monde habité, car seul un monde nu peut être habité). Le monde nu n’est ni un monde des origines ni un monde providentiel qui viendrait à la fin ; le monde nu est l’espace commun, singulier, complexe, polémique, chaotique de la multitude des formes de vie, sans hégémonie téléologique.

 

Bernard Aspe

Plus tard c’est maintenant.

Nous nous sommes habitués à reporter, à remettre à plus tard : le moment de sentir, celui d’agir – et surtout l’articulation entre ces moments. Mais la situation faite au monde, la mise au travail généralisée des êtres de nature, de leurs milieux et de leurs relations, et l’épuisement qu’elle génère, nous obligent à rompre avec cette habitude. L’urgence se retourne en imminence : voilà la formule qui peut désormais orienter notre politique et ainsi donner forme à notre haine envers les militants de l’économie.

 

Isa Fremeaux et John Jordan du Laboratoire d’Imagination Insurrectionnelle

Comment déserter l’art et retourner à l’Holocène ?

Transformer tout ! Même les scientifiques de l’ONU (pas exactement  un organe révolutionnaire) disent que pour éviter le pire de la catastrophe climatique, nous avons 12 ans pour faire « des changements rapides, profonds et sans précédent dans tous les aspects de la société… ». Pour le Laboratoire d’Imagination Insurrectionnelle, cela doit inclure la facon dont nous appréhendons  l’art. Les tenants de l’Anthropocène nous disent que le « naturel » et « l’humain » sont devenus un, la biologie et la biosémiotique nous montrent que toutes formes de vies construisent du sens – la culture n’est plus le trait définissant de l’humanité. Cette presentation/discussion explorera la possibilité de déserter le monde ultramobile et déraciné de l’art et d’en faire un outil de désobéissance qui nous ramène à l’Holocène en habitant un territoire.

 

Dîner à 20h00

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Vendredi 23 août

Accueil petit déjeuner à 9h00

10h00 – plénière
Augustin Berque

Écoumène, demeure de notre humanité.

La géographie a traditionnellement entendu l’écoumène (du grec oikoumenê, « l’habitée ») comme la partie habitée de la Terre. Pour la mésologie (Umweltlehre, fûdoron 風皐論), science des milieux, c’est l’ensemble des milieux humains, c’est-à-dire la relation de l’humanité avec la Terre. Cette relation n’est pas seulement un rapport entre un sujet (l’humain) et un objet (l’environnement) ; impliquant l’institution réciproque (la co-suscitation) de l’humain et de son milieu comme tels, elle n’est pas saisissable dans le cadre du dualisme moderne, et exige un changement de paradigme onto/logique (à la fois ontologique et logique). On en prendra pour exemple l’habitation japonaise traditionnelle, avec l’écomancie (kasô 소宮) qui l’a historiquement accompagnée.

 

Déjeuner à 12h30

14h00 – ateliers

Barbara Glowczewski

Que défendre ? Exemple de Terre en commun à NDDL et revendications territoriales des peuples autochtones.

Éléments d’amorce pour une discussion. Lorsque l’État annule un grand projet ou légalise des processus d’attribution collective de terres grâce aux occupations et mobilisations de longue haleine, que reste-t-il à défendre ? Il faut inventer de nouvelles modalités de négociation et de lutte contre d’autres dangers : intérêts économiques privés, guerres de valeurs écologiques, sociales, religieuses, mais aussi violences, qu’elles viennent de la police, des maffias ou de chacun.e. Échange engagé à partir des exemples de Notre-Dame-des-Landes, des Amérindiens de Guyane et des Aborigènes d’Australie.

 

Pierre Madelin

L’écologie et la mort.

Je pars du principe qu’il n’est possible d’habiter la Terre, dont les ressources sont, comme nous le savons trop bien désormais, finies, qu’à condition d’accepter notre propre finitude, d’habiter la mort pour ainsi dire. Et j’essaierai de montrer que la volonté de transcender les limites écologiques de la planète Terre telle qu’elle se manifeste dans la crise écologique et la volonté de transcender les limites anthropologiques de la condition humaine (dont le transhumanisme est aujourd’hui le symptôme) sont une seule et même volonté. Le fantasme d’une humanité « arrachée » à la nature, c’est en dernière instance celui d’une humanité libérée de la malédiction de la mort. Et, vice versa, le fantasme d’une humanité libérée de la mort ne peut être que celui d’une humanité désincarnée et extra-terrestrialisée.

 

Josep Rafanell i Orra

L’entraide : cartographies communales. Une proposition d’enquête.

Partons d’un postulat. Le monde commun ne préexiste pas à l’expérience que l’on en fait. Autrement dit le commun résulte des pratiques de communisation. Le parti pris que nous défendons est celui d’une politique de l’expérience, si exister c’est faire exister d’autres êtres qui en retour nous font exister, l’entraide nous indique l’attention portée à notre fragilité. L’entraide n’a d’autre finalité que ce sans fin de la trame de communaux toujours en chantier, l’attention portée aux variations infinies des manières de nous lier. Procéder à un travail d’enquête, qui n’est rien d’autre que des manières singulières de nous rencontrer, c’est contribuer ainsi à l’émergence d’une cartographie communale constituée fragment par fragment. L’enquête est un récit, et tout récit commence par le milieu : in media res, au milieu de l’action.

18h00

Réunion plénière de clôture

Elle donnera l’occasion de revenir sur le déroulement de la semaine et d’évoquer des suites possibles à donner à ces rencontres.

 

Dîner à 20h00

 

Programme des concerts

Mercredi 21 août – concerts

Mathias Sten. Chant, guitare acoustique et guimbarde. Folk habitée.

Mabah. Mélopée aquatique et lancinante, voix et alto.

Claire Bergerault. Voix et accordéon. De l’union de la voix et de l’accordéon naissent des résonances, à perte d’écoute, qui tissent des liens avec un connu lointain.

Jeudi 22 août – concerts

Épais. Claviers, basse, batterie et voix, envoûtant pour un voyage à travers des sphères épaisses.

Éloïse Decazes. Ni primitiviste, ni moderniste, elle interprète parfois des chansons traditionnelles, parfois non, de temps à autres accompagnée.

Vendredi 23 août – concerts

Yann Leguay. Techno non binaire. En solo ou duo avec Aymeric de Tapol.

Katchakine. Seule avec ses deux synthés, Katchakine enflamme et incite à un délire général.

Urs graf consort. Clavier, percussions, voix, pop étrange.

TCP dump orchestra. Production de son sur la base d’objets électroniques variés et d’ondes radioélectriques.