33.

33. Les lichens corticoles du plateau de Millevaches. Un projet de science participative – Elsa Day et Frédérique Lagarde

Le projet présenté ici ce concentre sur les problématiques de continuité écologique des espaces forestiers sur le plateau des Millevaches. Nos travaux préalables sur les lichens corticoles du genre Lobaria nous ont montré que la colonisation des espaces forestiers récents par les espèces caractéristiques de forêts de qualité se faisait davantage à partir d’anciens arbres isolés ou de linéaires de haies anciennes, maintenant englobés dans des matrices forestières récentes, qu’à partir de forêts qualifiées comme anciennes, restant relativement rares sur le Plateau. Notre projet vise à localiser afin de les protéger, ces centres de dispersion qui s’avèrent stratégiques, et examiner si les informations recueillies par les Lichens s’étendent aussi au reste de la biodiversité forestière.

Pour réaliser ce travail, nous allons nous appuyer entre autres sur une enquête de science participative. 

Parce que la prise en compte réelle des « non humains » ne pourra être effective que lorsque cette case terne sera remplie effectivement pour chacun de la multiplicité des formes qui nous entoure et de la compréhension intime de leurs sensibilités respectives, nous faisons le pari d’amorcer cette ouverture par les organismes les plus ignorés parmi nos voisins. 

Parce que les défis environnementaux auxquels nous devons faire face nécessitent l’acquisition de savoirs situés, étant donnée l’amplitude des variations géographiques des sensibilités écophysiologiques des espèces qui nous entourent, nous militons pour qu’une appropriation plus large de l’approche scientifique puisse permettre de démultiplier et de relocaliser ces savoirs.  

32.

NATION.S – Florent Tillon et Hélène Magne
Documentaire de 90mn

« le monde est une Zone à Défendre »
Slogan coutumier Kanak

Le documentaire NATION.S, tourné en Nouvelle Calédonie par Florent Tillon et Hélène Magne lors du premier référendum de 2018, s’intéresse particulièrement aux collectifs autochtones coutumiers traditionnels Kanak, trop souvent marginalisés dans les médias locaux ou internationaux.

Ceux que l’on appelle les indépendantistes “coutumiers” sont en réalité très nombreux en Nouvelle Calédonie, mais leurs démarches et leurs actions ne sont pas réellement reconnues. Ils sont en faveur de l’indépendance du pays, mais demandent l’application de la coutume comme système social, et non celui de la politique. Car la politique est, selon eux, un appareil coloniale impliquant constamment des rapports de force qui divisent et affaiblissent le peuple kanak. Florent et Hélène auront ainsi passés 3 mois en compagnie de collectifs claniques bloquant des mines, des juristes animistes semant la pagaille au palais de justice, des révolutionnaires faisant sécession dans le plus grand secret, et même ceux du Vanuatu jamais très loin, bref, tous ceux que l’on appelle là-bas les “indépendantistes coutumiers traditionnels”, désirant donc rompre avec la politique. C’est ainsi au beau milieu d’une élection référendaire aux enjeux industriels énormes que le film glissera des meetings urbains aux espaces coutumiers, tribu, occupations de mines, actions politiques, sans oublier au passage de faire rire ou d’émouvoir.

Les enjeux qui traversent actuellement la Nouvelle Calédonie sont au cœur des débats sur la décolonisation, sur le racisme ou le racialisme, la question de l’identité d’une forme de vie contre une autre, sur les droits autochtones bafoués mais pourtant parfois si efficaces contre certains projets miniers ou urbains. Le droit coutumier Kanak pourrait se résumer comme un droit de la “terre” : dans la coutume aucune terre ne saurait être vendue car la terre n’a pas de prix, et c’est bien cela qu’ils comptent défendre. L’évacuation de la ZAD de NDDL se produisait alors que les cinéastes filmaient Emmanuel Macron en visite sur l’Ile. La ZAD, Emmanuel Macron et la contestation, les blacks blocks, traversent également le film, et sont commentés par les Kanak, admirateurs de la ZAD, comme du Larzac en son temps.

31.

31. Le droit coutumier Kanak – Collectif

Proposé par cinq autochtones Kanak étudiant en France. Il s’agira d’exposer la particularité de ce droit, reconnu par l’article 75 de la constitution française de 1958, qui reconnait la coutume Kanak et sa terre. Ce fameux article 75 sert notamment de base juridique pour les luttes contre l’accaparement du foncier par les industries minières qui rongent l’île depuis plus d’un siècle.

Le droit coutumier est donc à la fois un droit sociale, spirituel et terrestre, dans le sens où la terre et le clan, sont l’entité de base de ce droit, là où en occident, l’entité juridique demeure l’individu humain. Pour autant, le droit coutumier doit faire face à des problématiques contemporaines qui le force à se transformer, notamment autour de la question du genre. Ce droit doit donc, à la fois lutter pour sa survie face à un État qui rêve de le faire disparaître comme il l’a fait en métropole, en même temps qu’il doit se transformer pour rester vivant.

Ce collectif Autochtone nous livrera donc un exposé sur ce droit coutumier et favorisera un échange avec l’assemblée autour de la question : le droit coutumier peut-il être une arme juridique offensive contre l’Etat et les multinationales ? Le droit coutumier peut-il inspirer l’occident dans sa recherche d’une Politique de la Terre ?

30.

“Droit à la vie?” et “Le théâtre de la guérison” – Hugo

– deux ateliers autour de lectures récentes, en vue de questionner ensemble les thèmes abordés:

1) le livre «Droit à la vie?» de Alain Brossat.
C’est un livre que je trouve très intéressant pour saisir une dimension primordiale de ce qui se passe présentement. Il a été écrit en 2010, et anticipe étonnamment sur les événements récents. Je l’ai lu avant ceux-ci et suis frappé à quel point ils semblent s’ingénier à illustrer le plus didactiquement possible la thèse du livre. L’auteur met l’accent sur ce qu’il identifie comme LA force directrice de la société moderne actuelle: faire prévaloir à tout prix et universellement le «droit à la vie», c’est-à-dire la promotion de la vie «pure», de la vie en tant que «non-mort», de la vie perçue sous l’angle exclusivement sanitaire, celui de la «durée de vie» maximale et de la «santé optimale». Il montre également comment cette promotion de la vie pure, de par sa dimension difficilement attaquable dans un premier temps (qui oserait s’opposer à l’expansion de la vie?), sert à vendre un contrôle policier toujours plus approfondi, plus ramifié, au maillage toujours plus fin, et qui est l’autre face de la médaille du «droit à la vie». Le livre est intéressant par les nombreux exemples qu’il donne de comment le droit à la vie travaille, souvent subrepticement, nos pratiques, nos discours, notre vie quotidienne.

2) le livre «Le théâtre de la guérison» de Alexandro Jodorowsky.
Je ne suis pas du tout fan de Jodorowsky cinéaste ou scénariste de BD, mais j’ai découvert à travers ce livre le pan de sa production ayant trait à sa théorie et sa pratique thérapeutiques. C’est un livre où il explicite sa démarche. Il raconte comment il en est venu à placer la magie au centre du processus de guérison. La magie au sens très pratique du mot: celle qui marche «point barre». Peu importe qu’il y ait magie «réelle», tricherie (qu’il appelle tricherie sacrée), ou processus «inconscient»; il refuse de se poser la question en ces termes, car pour lui une vérité n’est pas ce qui est conforme à la réalité, mais ce qui est utile (cf taoïsme). Voici en résumé les étapes de la pratique thérapeutique «psychomagique»: 1) le psychomagicien (Jodorowsky) écoute la personne lui raconter ce qui ne va pas (ça peut être un problème de santé, ou psychologique, ou un autre genre de problème ou tout ça en même temps ), et il lui pose des questions (notamment via le tarot) pour avoir un tableau détaillé de la situation; 2) il lui prescrit un acte ou une série d’actes magiques à accomplir; 3) la personne accomplit la prescription scrupuleusement dans tous ses détails (sinon ça ne marche pas, suivre précisément les instructions fait partie du processus de guérison); 4) la personne écrit une lettre au psychomagicien pour lui raconter comment s’est passé l’accomplissement de la prescription et ce que ça lui a fait (ce dernier point fait office de payement: le psychomagicien ne demande rien d’autre en contrepartie de son soin).

Exemple de prescription, pour se faire une idée: Une mère a du mal à accepter l’homosexualité de son fils, qui est pianiste. Elle consulte Jodorowsky car chaque fois que son fils fait un concert ou passe un examen, elle a une peur panique qu’il échoue, et immanquablement il le sent et échoue effectivement. Jodorowsky lui prescrit de fabriquer une figurine à l’image de son fils, de la placer à côté d’un piano dont elle aura enduit les touches de miel, de maintenir une bougie allumée dans la pièce en permanence, et de venir y prier pour son succès pendant une heure une foi par jour. La femme accomplit la prescription, et le concert suivant est une réussite (et la relation de la mère et du fils s’améliore).

On voit qu’une bonne part de la dimension magique du soin consiste à, plutôt que, classiquement, traduire le langage de l’inconscient en langage ordinaire, s’adresser au contraire à l’inconscient directement dans son langage. Cette façon d’aborder le soin m’intéresse car elle permet de l’envisager hors du cadre exclusivement «sérieux» à l’intérieur duquel la médecine moderne aimerait le cantonner, pour au contraire le lier ontologiquement à la magie: pas de soin sans poésie. Il me semble que cette manière de poser la question du soin peut apporter beaucoup d’oxygène par les temps qui courent, et offre en tous cas des pistes intéressantes de questionnement.

– la projection du film «My dinner with André», un film de Louis Malles de 1982 qui met en scène une conversation entre deux amis dans un restaurant (version anglaise sous-titrée en français). Un film tout-à-fait particulier, le seul film à ma connaissance qui rend compte d’une longue conversation pour son contenu propre, où on est fasciné par la conversation elle-même, et non par des enjeux autres qui animeraient
les protagonistes. Comme il s’agit d’une conversation (et non d’un débat par exemple), les thème sont abordés relativement finement et profondément. Difficile de les résumer, mais ça résonne étonnamment avec les enjeux d’aujourd’hui. Il est question entre autres de magie et de rationalité, de rituels de confrontation à la mort, de synchronicité, du couple, d’architecture non industrielle (bricolée), de l’ambivalence du projet scientifique… La projection pourrait se faire sous la forme d’un atelier: pas en très grand nombre, avec possibilité, si quelqu’un le désire, d’interrompre le film pour intervenir dans la conversation, et aux autres de répondre, et de reprendre quand on a éclairci, affiné (voire infirmé) la question…

23.

23. Ruralité locale / Transition / Jardin vivrier – Arthur Deguilhem

Un constat d’essoufflement et d’urgence

Notre société de la technique et du progrès, délègue ses besoins fondamentaux à sa science, aux machines et autres ordinateurs. Chaque besoin essentiel à la vie de l’homme devient l’enjeu d’une poignée d’experts et la population en est tenue éloignée. L’homme ainsi délesté de penser sa vie sur terre, devient libre de produire et de consommer du loisirs en toute insouciance. Ce n’est pas son rôle de se nourrir, ce n’est pas son rôle de se vêtir, ce n’est pas son rôle de penser son habitat. Tout cela dépasse le citoyen consommateur, uniquement là, pour faire tourner la machine de production, en consommant toujours plus que nécessaire, désormais il faut avaler 13kg de pommes de terre pour en produire un seul, c’est l’idée de l’abondance de notre progrès.

Un constat quasi général d’un monde dominant à bout de souffle, L’éternelle croissance de la consommation, de la production, de l’économie semble être une impasse. Beaucoup d’incertitudes, le retour à la bougie fait peur, le marketing vert d’une consommation de bonne conscience se développe illusoirement, les petits gestes de chacun sont des efforts qui nous paraissent un peu ridicule, face à ce monde mondialisé qui s’emballe chaque jour un peu plus. On partage un constat, une urgence, on s’angoisse mutuellement d’une fin, sans savoir vraiment de quelle fin il s’agit. On trouve des solutions, jamais assez globales, jamais assez crédibles… Alors, on fantasme une révolution mais, bien trop violente et trop incertaine, on ne sait d’ailleurs même pas vraiment vers qui la tourner. Puis on se trouve des coupables, la faute aux autres, la faute au système, la faute à l’élite, la Russie, les patrons, les fonctionnaires, les improductifs… non la finance haute fréquence et le monde médiatico-politique, puis on est trop nombreux !

Cela donne l’impression de s’engluer dans un mal-être collectif, une tragédie indépassable.

Prisonnier de nous-même, on a renoncé à notre liberté d’imaginer un avenir, désormais consommateur, on délègue notre pouvoir d’agir aux experts bien éduqués et n’avons plus qu’à jouir du confort et de la sécurité de ne se soucier que de l’unique minuscule tâche pour laquelle on a été formaté. Nos vies consiste à faire tourner avec plein de bonne volonté un petit rouage d’une machine infernale que personne ne maitrise et qui parait ne pas convenir à grand monde.

Retrouver notre liberté d’agir

Nous avons des envies de changement, individuels et collectifs, une transition, tout cela est assez clair, demain ne sera pas comme aujourd’hui. Il me semble nécessaire de commencer à renouer avec notre pouvoir d’agir, s’autoriser à faire un monde à notre échelle que l’on est capable de comprendre, être dans l’action, semer, planter, bâtir, construire, concevoir, rencontrer, échanger… se rendre compte par soi même, écouter son intuition, observer, tester… Ne pas avoir peur du geste spontané de l’amateur en se soumettant au calcul de l’expert, au contraire il faut voir l’expérimentation comme une source de savoir, faire pour mettre la pensée en mouvement, c’est des expériences d’aujourd’hui, qu’adviendra le monde de demain. Peut-être un monde où l’on se servira de notre énergie pour accroitre nos compétences, notre solidarité, notre résilience, notre bonheur, un monde ou nos technologies auront pour objectif d’accroître la fertilité, la biodiversité, la qualité.

Autorisons nous à tester et penser par nous même l’accès à nos besoins fondamentaux. Comment je souhaite me nourrir ? Comment je souhaite habiter le monde ? Comment produire de l’énergie ? Comment je souhaite me vêtir ? Quelles relations je souhaite avec mon entourage ? Quel patrimoine pour les générations futures… ?

Depuis qu’il existe, l’homme a passé la plupart de son temps à répondre à ses besoins vitaux, d’abord chasseur cueilleur nomade, profitant de l’abondance spontanée de la nature, puis paysan sédentarisé ou l’activité agricole est restée largement majoritaire, jusqu’en 1950 en France. Il y avait alors encore 30% de la population active avec une profession agricole, contre 2% aujourd’hui.

Le progrès moderne nous mène à une situation ou la majorité de la population ne sait même plus se nourrir, nous sommes entièrement dépendant d’une poignée d’irréductibles agriculteurs aidés de tracteurs et pétroles, probablement bientôt remplacés par des scientifiques producteurs de cellules souches et de culture hors sol.

Alors, seul les derniers des paysans se rappelleront encore que la terre est capable de nous nourrir. C’est pour cela que renouer avec la vie paysanne est une réponse à la transition, être activement responsable de ce qui fait notre vie quotidienne, n’est pas un fardeau, c’est au contraire ce qui nous encre profondément dans la vie, nous offrans la liberté d’être pleinement au monde, conscient de son environnement, de son territoire et de tous ceux qui l’habitent.

Le jardin vivrier, comme base d’émancipation

Une vie rurale, paysanne, ou le jardin est le centre du quotidien semble nécessaire. Un jardin vivrier est à la fois un lieu de vie et de production pour une consommation familiale et locale, une pratique ancestrale, basée sur la transmission et le bon sens qui remonte à la naissance de la civilisation. Il n’y a pas une logique de standardisation, pour rationaliser la production, au contraire ce sont des espaces de libertés ou tout se mêle, techniques traditionnelles et expérimentales, observation de la nature scientifique et sensible, les énergies et les astres côtoient la chimie, sans hiérarchisation des savoirs et des époques.

Une dynamique d’amateur (celui qui fait avec amour) forme ces jardins, qui tirent leur force non pas de la rationalité mais, de la diversité des activités qui s’enchevêtrent les une aux autres, au fil du temps, des envies, des besoins, des moyens… Un modèle extrêmement efficace qui ne se limite pas à la simple production alimentaire.

Bien sûr le jardin vivrier est capable de subvenir à une grande partie des besoins alimentaires d’une famille et même de générer du surplus, grâce à la grande diversité qui y est cultivé. 0n peut penser un jardin avec une quarantaine de légumes et autant de fruits (voir beaucoup plus), une production de plantes aromatiques, à infuser, médicinales, ou encore ornementales, sans oublier la basse-cour, le rucher… Voir pour les jardins d’une belle taille 5 moutons, 4 chèvres, 3 cochons, 2 ânes et une vache.

Une production alimentaire, artisanale, manuelle, de grandes qualités nutritives et gustatives qui favorise notre bien-être physique et mentale en renforçant notre sentiment d’appartenance à l’écosystème en y étant acteur.

Il y a d’abord l’appartenance au microcosme du jardin avec qui le jardinier collabore, créant un lieu hôte pour la faune et la flore qui permet d’accroître la biodiversité et la fertilité. Ensuite, il y a l’appartenance au système vivrier lui même, qui tire sa force du lien entre les jardins, il est le prétexte à l’échange (de graines, de plantes, d’aliments, de matériels, de savoirs, de services…), ce qui produit un modèle de solidarité qui accroît la résilience d’un territoire.

Les jardiniers travaillent à créer des lieux de vie, grâce à une abondance et pour s’y sentir bien, le beau et le paysage y tiennent donc une place importante, il y a des allés retours permanent entre l’ornement et le nourricier, entre l’utile et le bucolique, entre le spontané et le composé. L’inutile à sa place, seulement parce qu’il nous donne le sourire.

Une pratique amateur du jardin, qui fait perdurer les gestes simples et ancestraux, ou l’économie de moyens produit une abondance déconcertante d’aliments, de solidarité, de paysage, de bien-être, de biodiversité avec une qualité rare. Le jardin vivrier est un lieu qui produit bien plus d’énergie qu’il en consomme et stock du carbone plus qu’il n’en rejette.Un cercle vertueux assez remarquable ou l’abondance appel le partage et le partage appel l’abondance.

De l’individu au collectif

Il est intéressant de noter le glissement qu’il s’opère entre l’idée du jardin vivrier, nourricier pour sa famille et le sentiment d’appartenance à un ensemble vivant. Le jardin est un enclos ouvert sur son environnement, qui le dépasse largement, le jardinier s’inscrit dans la dynamique du vivant, faune flore, mais également du vivre ensemble, partage, don, échange, entraide, solidarité…
Au fil du temps on connaît les plantes, les animaux et les jardins alentours, on connaît les familles et finalement la personne qui fait du fromage, de la viande, de la poterie, du tissu, du bois, de la charpente … Ainsi le jardinier s’enracine dans un territoire et fini par faire partie d’un réseaux de relations avec ses habitants, doucement on s’extrait d’une logique de consommateur et les contours d’une vie collective et locale, se dessinent assez naturellement.
Il devient alors plus simple d’imaginer une activité complémentaire au jardin en lien avec le territoire et les besoins de ses habitants. L’envie à son tour de se rendre utile et de donner du sourire à travers son activité devient évident, ainsi la pratique individuelle, s’intègre à une logique collective.

En fonction de ses envies et de ses aptitudes on peut projeter développer :

• une activité paysanne (bois de chauffage et d’œuvre, plante tinctoriale, céréale, fibre à tisser, farine, huile, bière, cidre, maraîchage, élevage, transformation…)
• une activité artisanale (charpente, maçon, tisserand, couturier, potier, vannier…)
• une activité de service (enseignement, herboriste, magnétiseur, cuisine, garde d’enfant…)
• une activité culturelle (musique, conte, illustration, art…)

On conçoit alors facilement des territoires extrêmement résilients et autonomes, ou l’ensemble des besoins nécessaires à la vie en société sont réalisés localement. Une dynamique à petite échelle, solidaire, ou chaque citoyen est considéré comme acteur du quotidien de tous permettant de donner un sens à la vie collective. Les questions de l’éducation, de la justice, de la santé, du transport, de la propriété, de l’énergie, de l’incivilité, de la sécurité, de la vieillesse… sont alors l’affaire de tous et chaque territoire sera plus à même de créer ses propres solutions et répondre au cas par cas aux grands enjeux du vivre ensemble.

Télécharger le pdf : Ruralité locale-Transition-Jardin vivrier

20.

20. Peur du corps – Dan Nelly

Proposition d’un moment autour de la question de la peur du corps, caractéristique de l’occident et de son projet, la Modernité : penser la peur du corps avec et par le corps, utiliser le théâtre pour explorer de nouveaux imaginaires.

Peur de la mort, peur du sauvage, peur du récalcitrant, peur de l’imprédictible, peur de l’opaque, peur de la maladie et des virus, peur de ce qui échappe, glisse ou panique, peur de la Nature, peur de la vie…  L’animal-machine, la chirurgie esthétique, le projet colonial, les gros, la cybernétique, le patriarcat, le programme génétique, les vieilles, laAppel aux politiques de la terre pub, les black lives matter, les handicapés, la plage, les infecté.e.s du Covid-19…

Le théâtre-journal (puis théâtre de l’opprimé) est créé par Augusto Boal, un écrivain, dramaturge et metteur en scène brésilien en pleine dictature dans les années 1970. Une forme théâtrale qui permettait de continuer à critiquer le régime sans tomber sous le coup de la censure et qui consiste à mettre en scène des articles de journaux de façon à produire un discours critique.

Quelques « échauffements » pour préparer les corps, une petite introduction sur la thématique de la peur du corps, puis nous utiliserons quelques articles de journaux en lien avec l’épidémie de Covid-19 pour divers exercices de théâtre-journal. Bouger et sentir les corps pour travailler la peur du corps.

Exemples de thèmes possibles pour les articles de journaux: différence de traitements entre migrants et touristes, politiques eugénistes d’immunité de groupe, qui doit retourner au travail et qui peut rester à la maison, question de qui traiter en priorité à l’hôpital, impact variable du virus selon la classe social, le genre, l’origine etc. Exemples d’exercices de théâtre-journal : lecture-performance des articles, thêatre-image, interventions, écritures etc.

Quelques liens
Travail de Shrese sur l’histoire de la génétique, la cybernétique, le contrôle et la peur du corps (Français, English et Castellano):
https://network23.org/shrese/2020/06/05/lordre-genetique-essai-dhistoire-critique/
https://network23.org/shrese/2020/06/09/genetics-and-cybernetics-exof-a-model-of-subjectivation/
https://network23.org/shrese/2020/06/05/historia-critica-de-la-genetica-miedo-al-cuerpo-y-obsesion-del-control/
Travail de Nelly, penser avec et par le corps :
Nanopilitics handbook https://www.minorcompositions.info/?p=590#more-590
Language resistance theatre https://serpentine-uploads.s3.amazonaws.com/uploads/2020/03/act_esol-_language_resistance_theatre_2019_0.pdf
Théâtre de l’opprimé:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Augusto_Boal
https://www.zerodeconduite.net/ressources/3453
https://www.pedagogie.ac-nantes.fr/innovation-pedagogique/echanger/theatre-image-l-image-ne-cesse-jamais-de-parler—938985.kjsp?RH=PER

19.

 

19. Vers des territoires écoles (de la Terre) – Patrick Degeorges, Xavier Fourt et Léonore Bonaccini

Mettre en œuvre un territoire école c’est tenter une politique de la Terre ici et maintenant. Le territoire école n’est pas un local emboité dans un global qui le régit mais une façon d’habiter et d’être habité par la Terre. Cette réinvention collective des territoires dans le contexte de l’anthropocène renverse le rapport à la connaissance en prenant appui sur des savoirs situés, des formes d’existence pour régénérer nos milieux de vie.

Sur la base d’un aperçu introductif, l’atelier permettra d’imaginer des territoires école, en partant des problèmes tels qu’ils se posent sur le terrain pour ceux qui agissent. Les participants seront invités à témoigner de situations concrètes, de leurs potentiels et contradictions, dans un contexte de généralisation de la terreur et de l’incertitude.

18.

18. Atelier en réponse à l’appel – Bruno et Chantal Latour

L’atelier utilise le confinement comme préparation ou répétition des comportements à venir pour aborder la mutation climatique ; il s’inspire du questionnaire publié dans la revue AOC pendant le confinement et des procédures “nouveaux cahiers de doléance” proposés dans le livre Où atterrir? et depuis développé sous des formes diverses par un groupe d’artistes et d’activistes. Comme il s’agit d’un atelier d’écriture collaborative – et non pas de discussion – il faut venir avec papier et crayon.

Télécharger le pdf : Latour_AOC

3.

 

3. Bòscs e aubres de la Montanha / Bois et arbres de la Montagne limousine – Jean-François Vignaud

Balade sylvestro-toponymico-ethnologico et tout ce qui diable voudra bien finir par -o, ou, pour faire plus simple, une petite excursion, aux environs de Lachaud, entre haies de « noisetières » et plantations bien alignées de douglas, pour partir en compagnie de Jean-François Vignaud de l’institut d’études occitanes du Limousin, à la découverte de quelques éléments de la mémoire forestière de la Montagne limousine. Bâton à la main, on y cheminera plaisamment et on discourra allègrement autour des témoignages forestiers que nous livrent la lecture croisée du paysage et du bâti avec l’évocation des noms de lieux et les récits des anciens.